Vous avez fait la connaissance de Marco Le Marqueur dans un premier billet de blog, retrouvons-le aujourd’hui dans la suite de l’interview menée par Laurent Sarrazin pour l’ouvrage Rupture douce.

La facilitation graphique avec Marco le Marqueur

Laurent Sarrazin : Depuis combien de temps pratiques-tu la facilitation graphique avec Romain ?

Marco Le Marqueur : Nous nous sommes vraiment rencontrés avec Romain en juin 2013 lors d’une formation de Nicolas Gros, Laure Villemaine et Guillaume Lagane. Nous avons connu un vrai coup de foudre. C’est bien simple, ça lui a réveillé le cerveau droit ! Je l’ai tellement mis en confiance qu’il s’est instantanément décomplexé.

Dès que se présentent une séance de coaching, un atelier, une formation ou une simple idée à partager ou à comprendre, je sors de ma trousse.

Il a compris que la facilitation graphique ce n’était pas du dessin. Il y a découvert comment être à l’écoute de lui-même et des autres. Nous étions faits pour nous entendre. Depuis, Romain et moi, nous ne nous quittons plus. Dès que se présentent une séance de coaching, un atelier, une formation ou une simple idée à partager ou à comprendre, je sors de ma trousse.

Je ne sais jamais vraiment quand je serai dégainé, du coup je suis toujours présent et toujours prêt à tirer le fil des idées.

Au départ, Romain devait déjà savoir bien dessiner non ?

Il a mis du temps mais il a enfin réussi à se lâcher quand il a décidé de ne pas se concentrer sur « créer de la beauté » mais « donner du sens ».

Oui et non… Non, dans le sens du dessin artistique ou réaliste… Oui, car il savait se servir d’un crayon pour dessiner des formes avec un style plutôt enfantin. Dans sa tête, il était surtout convaincu qu’il ne savait pas dessiner. Cette certitude le rendait clairement gauche, pas vraiment sûr de lui et confirmait encore et encore qu’il ne savait pas dessiner. J’ai tout fait pour lui faciliter la vie. Je lui ai fait comprendre qu’il pouvait se lâcher, que je n’allais pas me vexer s’il se trompait. D’ailleurs, à bien y regarder, le sujet n’est pas le dessin (j’en pleure mon encre de l’écrire), car je n’ai pas de souvenir d’une quelconque critique sur son niveau de dessin.

Il a accepté de revoir ses exigences en dessin au juste niveau, c’est-à-dire celui de dessiner pour rendre visible la complexité et représenter des idées partagées par tous. Il a mis du temps mais il a enfin réussi à se lâcher quand il a décidé de ne pas se concentrer sur « créer de la beauté » mais « donner du sens ». Dès lors, son regard sur moi a changé et le regard des autres aussi, car ce que nous essayons de faire est de faciliter la communication entre les individus par une meilleure compréhension visuelle.

Depuis que Romain t’emmène chez ses clients avec ta tribu de marqueurs, quels impacts observes-tu ? Qu’est-ce que les clients font autrement quand tu es dans les mains de Romain ?

J’aimerais être moi aussi exposé mais c’est un doux rêve feutré qui ne se produira pas.

Les clients devant les productions de Marco le Marqueur

La première fois qu’ils nous voient en action, ils sont surpris et nous ne prennent pas au sérieux. Rapidement, ils nous oublient. Les clients parlent beaucoup plus et vont plus loin dans leur raisonnement, car ils voient ce qu’ils disent.

J’adore quand ils se rendent compte qu’ils sont capables d’arriver à la conclusion grâce à leur propre raisonnement, simplement en visualisant l’ensemble des informations qu’ils ont en tête. D’autres s’étonnent quand ils découvrent que leurs pensées sont une pièce d’un puzzle bien plus large (l’équipe, le service ou l’organisation). Ils sont plus calmes et réfléchissent plus en prenant en compte les avis de leurs homologues.

Vous devriez voir leurs têtes quand ils s’aperçoivent que Romain n’a même pas repris leur idée ! Quand ils voient qu’elle est absente, je ressens qu’ils vivent une frustration positive. Je m’explique : en étant totalement embarqués dans ce mode de réflexion, certains clients veulent accélérer la visualisation de l’information. Ils se lèvent, me prennent et ajoutent leur idée sur la feuille ou le tableau. Ce changement de propriétaire est agréable, car, après tout, je n’appartiens pas à Romain, je suis fait pour être multipropriétaire.


Globalement, nous observons un attachement émotionnel fort qui se traduit souvent par une photo des paperboards ou encore l’affichage des feuilles dans le bureau ou l’espace de travail de l’équipe, parfois pour continuer le travail, d’autres fois simplement pour garder le souvenir d’une séance particulière de travail pendant laquelle a émergé des réflexions et des idées percutantes, innovantes, différentes. J’aimerais être moi aussi exposé mais c’est un doux rêve feutré qui ne se produira pas. Je crains le jour où je finirai au fond d’une poubelle. Heureusement Romain me recharge et me donne un nouvel éclat pour que je continue à donner forme aux idées

Merci Marco de nous avoir partagé ton point de vue, on s’arrête là pour aujourd’hui.

Rendez-vous dans un dernier billet pour la suite et fin des aventures de Marco le Marqueur !

Marco le Marqueur en action

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